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CONTRE-PLONGÉE

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Christian Robert-Tissot, série d’interventions sur l’enseigne lumineuse du cinéma, 12 x 1 m

En attendant la réouverture du Plaza, Christian Robert-Tissot, artiste genevois, dont on connaît quelques interventions dans l’espace public à Genève, notamment le fameux néon DIMANCHE sur la plaine de Plainpalais, installe des textes quatre fois par an sur l’enseigne lumineuse du cinéma offerte à l’imaginaire des passants et des passantes. Des lettres, des mots en noir ou en rouge, qui pourraient être des titres de films en VO sous-titrée, mais qui ne pourraient jamais avoir existé. Pour l’artiste, il est important que les phrases ou les énoncés puissent se lire et se comprendre de plusieurs façons.

YOU’RE GOING TO NEED A BIGGER BOAT

Décembre 2021

Avec cette nouvelle proposition de Christian Robert-Tissot, nous entrons dans l’univers des blockbusters.

En 1975, Steven Spielberg adapte le roman Les Dents de la Mer (JAWS) de Peter Benchley pour le cinéma. Très vite, le film s’impose comme la première superproduction de l’histoire du cinéma américain. 

La phrase de l’enseigne est prononcée par les équipes techniques du tournage alors qu’elles rencontrent des problèmes de stabilisation sur l’eau, problèmes dus à l’utilisation d’un bateau trop petit pour la houle au large de la côte est des Etats-Unis…

La citation fait le tour du plateau et est adoptée par l’ensemble des techniciens qui l’utilisent dès qu’ils rencontrent un problème. Il est donc tout à fait naturel et indispensable pour Spielberg de la placer dans une des répliques du film. Devenue célèbre, elle a été traduite ou adaptée de plusieurs façons.

A bord du bateau de patrouille, Martin Brody (Roy Schneider) vient de voir pour la première fois l’énorme requin qui dévore régulièrement des baigneurs. C’est là qu’il s’exclame: « You’re going to need a bigger boat« .

Christian Robert-Tissot propose aujourd’hui cette phrase et ce constat au public. Face à l’actualité, elle évoque une situation à laquelle le monde entier doit faire face…

TU VOIS MES PIEDS DANS LA GLACE ?

Septembre 2021

Cette quatrième installation, présentée à la fin de l’été, est un fragment de la scène d’ouverture du film Le Mépris, où Camille, couchée sur le ventre, énumère les parties de son corps et demande à Paul:
Tu vois mes pieds dans la glace ? Oui. Tu les trouves jolis ? Oui, très. Et mes chevilles, tu les aimes ? Oui. Tu les aimes mes genoux aussi ? Oui, j’aime beaucoup tes genoux. Et mes cuisses ? Aussi. Tu vois mon derrière dans la glace ? Oui. Tu les trouves jolies, mes fesses ? Oui, très. Je me mets sur mes genoux ? Non, pas besoin. Et mes seins, tu les aimes ? Oui, énormément.

Le Mépris, 1963, est un film de Jean-Luc Godard adapté du roman d’Alberto Moravia écrit en 1954.

L’histoire du film tient en quelques lignes.
Paul, Michel Piccoli, est marié avec Camille, Brigitte Bardot. Il est scénariste sur un film adapté de L’Odyssée et tourné par Fritz Lang. Le producteur de ce film, Jérémie Prokosch, Jack Palance, courtise Camille, et Paul laisse faire. Camille commence à mépriser Paul pour sa lâcheté… Le Mépris raconte la fin d’un couple.

I SCREAM, YOU SCREAM, WE ALL SCREAM FOR ICE CREAM

Juin 2021

Pour cette troisième occurrence, il s’agit de l’extrait rythmé d’une chanson écrite en 1927 par H. Johnson, B. Moll, R. King, interprétée

par les Fred Waring’s Pennsylvanians et devenue mythique dans une scène du film Down by Law, de Jim Jarmusch, en 1986 :

Roberto (Roberto Benigni), Jack (John Lurie) et Zack (Tom Waits)

partagent la même cellule de prison et sont en train de jouer aux cartes. Roberto parle l’anglais très mal et sort son petit calepin de vocabulaire à propos du mot « scream ». S’ensuit une scène hilarante où il récite ce refrain à tue-tête en entraînant ses compagnons :« I Scream, You Scream, We All Scream for Ice Cream. »  Les trois partenaires se lèvent et scandent le texte de la chanson en faisant une petite danse circulaire dans leur cellule. Bientôt ce sont les détenus de toute la prison qu’on entend se joindre à eux, dans un bruit de chaos proche de l’émeute.

ATMOSPHERE

Mars 2021

Cette quatrième installation, présentée à la fin de l’été, est un fragment de la scène d’ouverture du film Le Mépris, où Camille, couchée sur le ventre, énumère les parties de son corps et demande à Paul:
Tu vois mes pieds dans la glace ? Oui. Tu les trouves jolis ? Oui, très. Et mes chevilles, tu les aimes ? Oui. Tu les aimes mes genoux aussi ? Oui, j’aime beaucoup tes genoux. Et mes cuisses ? Aussi. Tu vois mon derrière dans la glace ? Oui. Tu les trouves jolies, mes fesses ? Oui, très. Je me mets sur mes genoux ? Non, pas besoin. Et mes seins, tu les aimes ? Oui, énormément.

Le Mépris, 1963, est un film de Jean-Luc Godard adapté du roman d’Alberto Moravia écrit en 1954.

L’histoire du film tient en quelques lignes.
Paul, Michel Piccoli, est marié avec Camille, Brigitte Bardot. Il est scénariste sur un film adapté de L’Odyssée et tourné par Fritz Lang. Le producteur de ce film, Jérémie Prokosch, Jack Palance, courtise Camille, et Paul laisse faire. Camille commence à mépriser Paul pour sa lâcheté… Le Mépris raconte la fin d’un couple.

Le PLAZA Genève
Le PLAZA Genève

VOUS ME REMERCIEREZ PLUS TARD

Décembre 2020

Christian Robert-Tissot propose l’énoncé VOUS ME REMERCIEREZ PLUS TARD, sur les deux lignes de l’enseigne, une fois en français, et une fois en anglais, faisant référence aux VO sous-titrées des films.

La phrase VOUS ME REMERCIEREZ PLUS TARD avait fait l’objet d’une sérigraphie il y a quelques années, diffusée confidentiellement dans le microcosme de l’art contemporain. L’énoncé attendait une nouvelle situation pour réapparaître aux yeux d’un public beaucoup plus large et anonyme. Ici, c’est Le Plaza, son architecte, ses défenseurs et ses soutiens qui parlent : c’est la voix historique du cinéma. 

« L’enseigne, miraculeusement préservée, du Cinéma Plaza m’est apparue d’emblée comme le premier « espace » à investir, en raison des échos historiques qu’elle suscite et de son caractère emblématique. Il s’agit presque d’un hommage fait à cet objet. On pourrait en effet imaginer que, si cette enseigne n’avait pas été préservée, le souvenir du cinéma Le Plaza aurait pu s’estomper plus aisément. Dans tous les cas, sa présence préservée a fonctionné, je crois, comme le signe d’une survivance ou d’une renaissance possible du cinéma. Il s’agit donc, à travers l’œuvre de Christian Robert-Tissot, de saluer cette fonction symbolique, dont nous savons, quand elle est forte, se faire opératoire. » déclare Jean-Pierre Greff.