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Architecture & Rénovation

Le Plaza est aujourd’hui un bâtiment classé, reconnu en tant que 279ème objet d’exception du patrimoine bâti genevois, l’un des rares datant du XXème siècle bénéficiant désormais des mesures de protection les plus élevées à Genève. 

Pour réaliser la rénovation et la restructuration du cinéma et de l’ensemble des espaces adjacents inclus dans le programme de création du nouveau Plaza – Centre culturel architecture et cinéma, la Fondation Plaza a engagé un concours pour sélectionner un groupement pluridisciplinaire de mandataires.

14 équipes – genevoises, suisses et française – ont été choisies pour participer à la première phase de ce concours, traité dans les conditions de l’anonymat. A l’issue de trois journées d’évaluation (15-17 mars), trois équipes ont été retenues pour poursuivre la procédure en phase 2, sous forme de mandats d’étude parallèles. Le choix final de l’équipe lauréate de ce concours sera connu le 3 septembre prochain.

Un groupe d’évaluation a été constitué, sous la forme d’un comité scientifique / jury. Il est formé de :

Jean-Pierre Greff, Président de la Fondation Plaza, Président du jury
Jacques Roulet, Architecte FAS SIA AGA, Membre du Conseil de la Fondation Plaza, Responsable de l’administration de la procédure
Catherine Dumont d’Ayot, Dr ETHZ, Architecte EAUG
Pauline Gygax, Productrice de cinéma
Tarramo Broennimann, Architecte EAUG FAS SIA
Jean-Frédéric Luscher, Architecte EPFL
Philippe Meier, Architecte EPFL FAS SIA

La renaissance du Plaza est à présent en cours. Depuis quelques mois, cet espace mythique de la rive droite de Genève a commencé de revivre. La Ville déjà bruisse de rumeurs. On sait que les architectes, encore anonymes, sont déjà au travail. La presse, généraliste ou culturelle, s’en est fait l’écho, de Genève bien sûr jusqu’à Zurich. 

Ainsi la SRF qui évoque « der geplanten Renovation des Le Plaza in Genf ». Et d’ajouter: « Das von der Hans Wilsdorf Stiftung aufgekaufte Le Plaza etwa soll zu einem Luxussaal mit bis zu 1000 Sitzplätzen umgestaltet und so zu einer Art Bayreuth für Kinofestivals werden ».

Les chiffres sont un peu fantaisistes, mais l’ambition et l’imaginaire que porte le Plaza sont bien posés. Cette attente publique, ce potentiel exceptionnel du lieu obligent tou.te.s les acteurs et actrices du projet : maitre d’ouvrage et maîtres d’oeuvre, responsables du projet culturel Plaza, architectes de cette première et décisive renaissance du Plaza en tant qu’objet architectural d’intérêt patrimonial majeur. 

Ces enjeux, cette responsabilité étaient lisibles et visibles dans les douze projets qui ont été proposés à la Fondation lors de la phase 1 du concours. 

Après trois jours de délibérations passionnées, les sept membres du jury, secondés par six bureaux d’experts — dont l’un est spécialiste du design de salle de cinéma — ont retenu 3 projets pour la phase 2 du concours, menée de façon toujours confidentielle, sous forme de mandats d’étude parallèles. 

A suivre…

 

Quelques points architecturaux remarquables :

Une des singularités du Plaza, tant au niveau technique qu’esthétique, se trouve dans la structure de sa salle obscure. Cette dernière est en effet surmontée de six grandes fermes en aluminium d’une hauteur de dix mètres et de vingt-cinq mètres de long chacune, qui forment la charpente visible du cinéma. Ces structures porteuses laissées apparentes de manière volontaire forment un élément esthétique fort, souligné par un éclairage au néon, qui met en valeur une prouesse technique pionnière en Suisse et même en Europe.

La salle accueille un imposant balcon et une galerie-foyer à mi-hauteur à l’arrière. Celle-ci révèle également une performance technique réalisée avec la complicité de l’ingénieur Pierre Froidevaux avec une portée de trente mètres qui s’appuie uniquement sur deux supports latéraux en béton disposés de chaque côté de la salle. En résulte un grand volume sans aucune entrave visuelle. Au moment des projections, un grand rideau rouge venait obscurcir la grande salle sur l’arrière qui, sinon, était de l’écran à la rue en connexion quasi immédiate avec l’espace publique, et plus particulièrement avec le passage couvert liant la rue Chantepoulet à celle du Cendrier, véritable galerie bordée d’arcades commerciales.

Marc Joseph Saugey

Né près de Genève en 1908, Marc J. Saugey est une figure de l’architecture et de l’urbanisme de Genève qui a réalisé parmi les plus brillantes réalisations architecturales genevoises des années d’après-guerre. Après des études au Technicum, il devient en 1931 membre du GANG, le Groupe pour l’architecture nouvelle à Genève, et ouvre son bureau d’architecture en 1941. Avec Alberto Sartoris et Anthony Krafft, il fonde la revue Architecture, formes + fonctions en 1956. Il enseigne également à l’Ecole d’architecture de l’Université de Genève. 

Marc J. Saugey a marqué la ville de ses interventions. Les passages, les vitrines, les rampes, emblématiques de son œuvre, que l’on retrouve aussi dans le complexe Mont-Blanc Centre où se trouve le Plaza, ont marqué le paysage urbain et le quotidien de la population du centre de Genève. Inspirés par l’architecture américaine, les complexes multifonctionnels de Saugey sont souvent reconnaissables à leurs murs-rideaux. Saugey réalise également un certain nombre de complexes d’habitation, l’Hôtel du Rhône quai Turretini en 1950, l’un des plus modernes de l’époque, ou encore la Tour de Rive, vigie érigée aux abords de la Vieille-Ville, dont il occupera d’ailleurs les derniers étages pour son logement et son bureau. Il décède à Genève en janvier 1971.

 

Marc J. Saugey dessinant une esquisse de la façade de Mont-Blanc-Centre, vers 1951 (photo Franz Villiger)